Les Grandes Sérénades pour Vents

 

Les Grandes Sérénades au XVIIIème siècle

Du sextuor à la Gran Partita

Dans les années 1780 et jusqu’au début du 19e siècle, les ensembles à vent jouissent d’une popularité grandissante aussi bien à Vienne que dans le reste de l’Europe. Leur fonction première est d’assurer une musique d’ambiance pour maintes occasions. Sous des formes très diverses allant du trio à l’octuor voire à un effectif plus important, ce type d’ensemble alors très en vogue se produit tant dans les jardins privés que dans les cours princières.

Mis à part les centaines d’arrangements d’opéras, d’oratorios ou de symphonies, le répertoire original contient de nombreux divertissements, sérénades, symphonies ou partitas écrits par les plus grands compositeurs de l’époque.

WOLF propose de constituer différents programmes autour de Mozart & Beethoven et désire faire renaître l’atmosphère chaleureuse et conviviale des sérénades pour vents avec l’aide des instruments anciens et de leurs sonorités particulières.


Effectif : 6 à 13 musiciens

Durée : 35 à 90 minutes

SEXTUOR - 2 clarinettes, 2 cors & 2 bassons

Wolfgang Amadeus MOZART                

Sérénade KV 375

Allegro - Menuetto - Adagio - Menuetto – Finale                              


Ludwig van BEETHOVEN

Sextet op.71

Adagio/Allegro – Adagio – Menuetto – Rondo


Georg DRUSCHETZKY

Partita en Mib majeur

Adagio/Allegro – Adagio – Menuetto – Rondo Allegro


Franz Vincenz KROMMER

Partita en Mib majeur

Allegro moderato – Romanze – Menuetto - Rondo

Sextuor en Sib majeur

Allegro – Tema con variazioni – Finale


François-Joseph GOSSEC

Symphonie à 6 RH.177

Allegro – Andante – Poco Presto

Andante RH. 175

La bataille RH. 179

La grande chasse de Chentilli [sic] RH. 176

La chasse d’Hylas et Silvie RH. 178

*

OCTUOR - 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors, 2 bassons & contrebasse

Wolfgang Amadeus MOZART

Sérénade KV 388

Allegro – Andante – Menuetto – Allegro


Wolfgang Amadeus MOZART

Arrangements d'extraits d'opéras

Cosi fan tutte

Don Giovanni

Le nozze di Figaro

Die Entführung aus dem Serail

Ludwig van BEETHOVEN

Octet op 103

Allegro – Andante – Menuetto – Presto

Rondino WoO 25

Symphonie 7 op.92 (arr. par Beethoven en 1816)

Poco sostenuto/Vivace – Allegretto – Presto – Allegro con brio

*

GRAN PARTITA

2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors de basset, 4 cors, 2 bassons & contrebasse

Wolfgang Amadeus MOZART

Sérénade KV 361 "Gran Partita"

Largo- Molto Allegro

Menuetto

Adagio

Menuetto

Romance

Tema con variazoni – Andante

Finale

*

Commentaires sur le répertoire

« Les Sérénades KV 361, KV 375 & KV 388 sont des chefs d’œuvres accomplis, dignes de figurer à côté de ses quatuors à cordes. » (Peter Holman)

Sérénade KV 375 en Mib majeur (1781) 2 clarinettes, 2 cors & 2 bassons


Dans une lettre à son père datée du 3 novembre 1781, Mozart relate l’anecdote de ces six musiciens venus le surprendre un soir en jouant sa sérénade en Mib depuis la cour sous la fenêtre de son domicile Viennois :

« A onze heure du soir, on m’a donné une sérénade de deux clarinettes, deux cors et deux bassons de ma propre composition! Je l’avais écrite pour la Sainte-Thérèse (pour la belle-sœur de M. von Hickel, le peintre de la Cour ; et c’est ce jour-là qu’elle a été réellement produite pour la première fois)

Les six messieurs qui l’ont exécutée sont de pauvres diables, mais qui jouent avec un ensemble tout à fait joli.

Mais la raison essentielle pour laquelle je l’ai composée, c’est que je voulais faire entendre quelque chose de moi à M. von Strack (chambellan de la cour). Aussi l’ai-je écrite un peu judicieusement. Elle a eu plein de succès. On l’a jouée en trois endroits différents dans cette nuit de la Sainte-Thérèse. Dès qu’ils avaient achevé en un lieu, on les emmenait et on les payait en un autre.

Cette fois-ci, ces messieurs se sont fait ouvrir la porte de la rue, se sont rangés au milieu de la cour et, comme j’allais justement me déshabiller, ils m’ont surpris le plus agréablement du monde par le premier accord en mi bémol. »

Sérénade KV 388 en Do mineur (1782) 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors, 2 bassons & contrebasse


« J’ai été obligé de faire rapidement une musique de nuit mais seulement pour harmonie...»

Cette remarque de Mozart à son père, dans une lettre de juillet 1782, semble faire référence à la Sérénade en ut mineur K 388 dont l'autographe est daté de 1782. Mais ni le style, ni le caractère de cette œuvre inhabituellement grave ne correspondent à une «musique de nuit» qui, à l'époque, était toujours une musique de plein air ou pour représentation publique.

Mozart écrit là un chef d’œuvre d'une finesse et d'une originalité suprême. Peut-être peut-on mettre en relation cette composition avec l'intention du jeune prince de Liechtenstein de fonder une harmonie pour laquelle Mozart devait écrire des pièces.

Cette sérénade est d’un bout à l’autre dramatique, avec des moments où l'angoisse atteint le tragique. L'allegro initial nous plonge immédiatement dans le drame avec une mélodie très longue, hésitante et sans cesse rompue, faite d'élans, d'arrêts et de faux départs. Elle est, dans son dynamisme même, porteuse d'une interrogation anxieuse. L'andante semble apporter le calme, mais c'est un calme douloureux. Le menuet fait en quelque sorte diversion par la somptuosité de l'écriture : c'est en effet le langage de Jean-Sébastien Bach qui fait irruption ici. Avec le thème varié de l'allegro final, la tragédie reprend. Telle est cette dernière «sérénade» conçue par Mozart pour un octuor de vents : l'une des œuvres les plus dramatiques et les plus noires de toute son œuvre.

Sérénade KV 361 en Sib majeur "Gran Partita" (1781) 12 instruments à vent & contrebasse


« Aujourd’hui, j’ai entendu une "musique" pour instruments à vent de M. Mozart. Ce fut grandiose et magnifique. Elle comportait 13 instruments et, à chaque pupitre un maître se trouvait assis. Oh ! Quelle puissance ! Combien grandiose, noble, magnifique ! »

(Extrait des Fragments littéraires de J.F. Schink , 1784)

La sérénade KV 361 en Sib majeur, dite ‘Gran Partita’, est une œuvre consacrée à l’origine au plein-air, cette "musique du soir" dépasse l’esprit simple du divertimento pour rejoindre celui de la symphonie.

Grâce à son inspiration et l’équilibre de son écriture musicale, la diversité de ses formes et de ses genres, ses dimensions et son effectif imposant, chaque partie étant destinée à un instrumentiste soliste, cette sérénade est considérée par beaucoup comme l’un des chef-d’œuvres du répertoire de musique de chambre pour vents.

 

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Adèle Querinjean

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Photos © Maarten Marchau, S. Magnone & Cem Koyuncal